1. La saison du qiyām
لَيْلُ الشِّتَاءِ طَوِيل
Ibn Rajab explique : la nuit d’été est courte et chaude, le sommeil l’emporte ; la nuit d’hiver est longue : on peut dormir ce dont on a besoin, puis se lever et lire son wird de Coran en entier (*Laṭāʾf al-maʿārif*).
« Ô gens du Coran ! Votre nuit s’est allongée pour votre lecture : lisez ; le jour s’est raccourci pour votre jeûne : jeûnez. » — ʿUbayd ibn ʿUmayr, à l’arrivée de l’hiver (rapporté par Ibn Rajab)
Et Muʿādh ibn Jabal pleura au moment de mourir en disant : « Je ne pleure que sur la soif des jours brûlants, la prière des nuits d’hiver, et le fait de m’asseoir genou contre genou avec les savants » (Ibn Rajab).
« Notre Seigneur descend chaque nuit au ciel de ce bas monde quand il reste le dernier tiers de la nuit, et dit : Qui M’invoque, que Je lui réponde ? Qui Me demande, que Je lui donne ? Qui implore Mon pardon, que Je lui pardonne ? » — Le Prophète ﷺ, d’après Abū Hurayra · al-Bukhārī (n° 1145) · Muslim (n° 758)
« La meilleure prière après les prières obligatoires est la prière de la nuit » (Muslim, n° 1163).
2. Le witr dans les écoles
الوِتْر
- Mālikites : Une sunna appuyée (« sunna wājiba », *ar-Risāla*) : une rakʿa après le shafʿ.
- Ḥanafites : Wājib (obligatoire sans être farḍ) selon Abū Ḥanīfa ; trois rakʿa avec un seul salām (al-Kāsānī).
- Shāfiʿites : Sunna ; au choix une, trois, cinq… jusqu’à onze rakʿa (al-Kāsānī, d’après ash-Shāfiʿī).
- Ḥanbalites : Non obligatoire ; Aḥmad privilégie une rakʿa après des prières par deux, et trois ne posent pas de problème (Ibn Qudāma).
3. Comment l’organiser
كَيْفِيَّتُه
« Le meilleur moment de la nuit pour la prière est sa fin. Celui qui retarde ses prières surérogatoires et son witr jusqu’à la fin, c’est mieux ; sauf celui qui risque de ne pas se réveiller : qu’il avance son witr au début de la nuit. Puis, s’il se réveille à la fin, il prie ce qu’il veut, deux par deux, sans refaire le witr. » — Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī, ar-Risāla
- Le shafʿ et le witr → Deux rakʿa (shafʿ), salām, puis une rakʿa de witr (*ar-Risāla*)
- Les prières de la nuit → « La prière de la nuit se fait deux par deux » (al-Bukhārī n° 990) ; le Prophète ﷺ ne dépassait pas onze rakʿa (al-Bukhārī n° 1147 ; Muslim n° 738)
- Je crains de ne pas me réveiller → Je fais le witr avant de dormir (Muslim n° 755)
- Je me suis endormi → Je peux prier mon wird jusqu’à l’aube, puis le witr et le Ṣubḥ (*ar-Risāla*)
Un plan d’hiver : En hiver, l’aube est tardive : je prie ʿIshāʾ, je dors tôt, et je règle un réveil 30 à 45 minutes avant le Fajr pour deux ou quatre rakʿa, une invocation au dernier tiers de la nuit, puis le witr.
À retenir
- La nuit d’hiver est longue : on peut dormir assez et se lever.
- Le dernier tiers de la nuit est le moment des invocations exaucées.
- Chez les mālikites : prières par deux, shafʿ puis witr ; witr avant de dormir si l’on craint de ne pas se réveiller.
Sources
Ṣaḥīḥ al-Bukhārī ; Ṣaḥīḥ Muslim ; Laṭāʾf al-maʿārif d’Ibn Rajab ; ar-Risāla d’Ibn Abī Zayd al-Qayrawānī ; Badāʾiʿ aṣ-ṣanāʾiʿ d’al-Kāsānī ; al-Mughnī d’Ibn Qudāma. Pour toute situation particulière, consultez une personne de science.
Toute la série
- « Fiqh de l’hiver », 12 épisodes → https://tahacademy.com/formations/fiqh-de-l-hiver




