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Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī
Savant
Shihāb al-Dīn Abū al-Faḍl Aḥmad ibn ʿAlī ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī est considéré comme l’un des plus grands spécialistes du hadith de l’histoire de l’islam. Ses contemporains lui donnèrent le titre d’« Amīr al-Muʾminīn fī al-Ḥadīth », l’Émir des croyants dans la science du hadith. Né au Caire en 773 H (1372), il y mourut en 852 H (1449). Sa famille était originaire d’Ascalon, en Palestine, d’où son nom d’al-ʿAsqalānī. Un orphelin passionné de science Ibn Ḥajar perd ses deux parents alors qu’il est encore enfant. Il est pris en charge par un tuteur, le commerçant Zakī al-Dīn al-Kharrūbī, qui veille à son éducation. Il mémorise le Coran à neuf ans, puis de nombreux textes de base en fiqh, en grammaire et en hadith. Il accompagne son tuteur à La Mecque, où il poursuit ses études. Il s’intéresse d’abord à la littérature et à la poésie, puis se consacre entièrement au hadith à partir de l’âge de vingt ans environ. Ses maîtres Il étudie auprès des plus grands savants de son temps, notamment : Zayn al-Dīn al-ʿIrāqī, maître du hadith, qui l’encouragea particulièrement ; Sirāj al-Dīn al-Bulqīnī, grand juriste shāfiʿite ; Ibn al-Mulaqqin, juriste et traditionniste prolifique. Il voyage pour étudier en Égypte, au Hedjaz, au Yémen et en Syrie, et recueille les hadiths auprès de centaines de maîtres. Fatḥ al-Bārī Son œuvre la plus célèbre est Fatḥ al-Bārī bi-Sharḥ Ṣaḥīḥ al-Bukhārī, un immense commentaire du Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī. Il y travailla pendant environ vingt-cinq ans. Pour chaque hadith, il explique : les chaînes de transmission et les transmetteurs ; les différentes versions du texte ; le sens des mots et les questions de langue ; les enseignements juridiques et théologiques ; le lien entre le hadith et le titre du chapitre choisi par al-Bukhārī. Lorsqu’il acheva ce travail, une grande célébration fut organisée au Caire, en présence des savants et des notables de la ville. Depuis, Fatḥ al-Bārī est considéré comme le commentaire de référence du Ṣaḥīḥ. Un auteur prolifique Ibn Ḥajar a laissé plus de cent cinquante ouvrages. Parmi les plus importants : Bulūgh al-Marām min Adillat al-Aḥkām, recueil des hadiths qui fondent les règles juridiques ; Al-Iṣāba fī Tamyīz al-Ṣaḥāba, dictionnaire biographique des Compagnons ; Tahdhīb al-Tahdhīb et Taqrīb al-Tahdhīb, sur les transmetteurs du hadith ; Lisān al-Mīzān, sur les transmetteurs critiqués ; Nukhbat al-Fikar, petit traité de terminologie du hadith, très étudié ; Al-Durar al-Kāmina, biographies des personnalités du VIIIᵉ siècle de l’Hégire. Un juge et un enseignant Ibn Ḥajar occupa à plusieurs reprises la fonction de juge suprême shāfiʿite (qāḍī al-quḍāt) d’Égypte, sous les sultans mamelouks. Il enseigna dans les grandes institutions du Caire et fut prédicateur à la mosquée al-Azhar et à la mosquée ʿAmr ibn al-ʿĀṣ. Parmi ses nombreux élèves, le plus connu est Shams al-Dīn al-Sakhāwī, qui écrivit sa biographie. Sa mort Ibn Ḥajar meurt au Caire en dhū al-ḥijja 852 H (février 1449). Ses funérailles réunissent une foule considérable, dans laquelle figurent le sultan et les grands savants de la ville. À retenir Ibn Ḥajar fut un savant d’une érudition immense, au service de la Sunna. Son Fatḥ al-Bārī reste aujourd’hui la porte d’entrée indispensable pour comprendre le Ṣaḥīḥ d’al-Bukhārī, et son Bulūgh al-Marām accompagne les étudiants en fiqh du monde entier. Crédit image : Tombe d’Ibn Ḥajar, Le Caire. Fouad GM, Wikimedia Commons, CC BY 2.0.