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ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtba
أَبُو عَبْدِ اللهِ عُبَيْدُ اللهِ بْنُ عَبْدِ اللهِ بْنِ عُتْبَةَ بْنِ مَسْعُودٍ الْهُذَلِيُّ الْمَدَنِيُّ
Savant
ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtba est l'un des sept juristes de Médine. Petit-neveu du Compagnon ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, élève assidu d'Ibn ʿAbbās et de ʿĀʾisha, il fut le précepteur du futur calife ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz et le maître d'az-Zuhrī, qui le comparait à une mer. Aveugle à la fin de sa vie, il était aussi un poète apprécié. أَبُو عَبْدِ اللهِ عُبَيْدُ اللهِ بْنُ عَبْدِ اللهِ بْنِ عُتْبَةَ بْنِ مَسْعُودٍ الْهُذَلِيُّ الْمَدَنِيُّ En bref Nom complet : Abū ʿAbd Allāh ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtba ibn Masʿūd al-Hudhalī al-Madanī. Naissance : à Médine, sous le califat de ʿUmar (13-23 H / 634-644) ou peu après. Mort : à Médine, en 98 H (716-717) selon al-Wāqidī ; 99 H selon d'autres. Famille : son grand-père ʿUtba était le frère de ʿAbd Allāh ibn Masʿūd ; son frère ʿAwn était lui aussi un transmetteur de hadith. Rang : l'un des sept juristes de Médine ; « mufti de Médine et son savant » selon adh-Dhahabī. Une famille de Compagnons La famille appartient à la tribu de Hudhayl, alliée de Quraysh. Son arrière-grand-oncle, ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, est l'un des plus grands juristes parmi les Compagnons. Son grand-père, ʿUtba ibn Masʿūd, émigra lui aussi en Abyssinie ; az-Zuhrī disait que ʿAbd Allāh n'était pas plus juriste que ʿUtba, mais que ʿUtba mourut tôt. Son père, ʿAbd Allāh ibn ʿUtba, était né du vivant du Prophète ﷺ. L'héritage juridique d'Ibn Masʿūd est l'un des fondements de l'école ḥanafite, à travers ʿAlqama, Ibrāhīm an-Nakhaʿī et Ḥammād ibn Abī Sulaymān. Par ʿUbayd Allāh, une branche de cette famille a aussi porté le fiqh à Médine. Sa formation ʿUbayd Allāh rapporte de ʿĀʾisha, d'Abū Hurayra, de Fāṭima bint Qays, d'Abū Wāqid al-Laythī, de Zayd ibn Khālid al-Juhanī, d'Ibn ʿUmar, d'Abū Saʿīd al-Khudrī, d'an-Nuʿmān ibn Bashīr, de Maymūna et d'Umm Salama. Mais son maître principal fut ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās, auprès de qui il resta longtemps. Az-Zuhrī raconte qu'Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān interrogeait Ibn ʿAbbās avec raideur, et qu'Ibn ʿAbbās se fermait ; ʿUbayd Allāh, lui, le questionnait avec douceur, et Ibn ʿAbbās lui ouvrait sa science. Il avait une mémoire remarquable : مَا سَمِعْتُ حَدِيثًا قَطُّ فَأَشَاءُ أَنْ أَعِيَهُ إِلَّا وَعَيْتُهُ « Je n'ai jamais entendu un hadith que j'ai voulu retenir sans l'avoir retenu. » Des hadiths célèbres Plusieurs hadiths parmi les plus connus du Ṣaḥīḥ d'al-Bukhārī passent par la chaîne « az-Zuhrī, de ʿUbayd Allāh, d'Ibn ʿAbbās ». C'est le cas du long récit de l'entrevue entre Héraclius et Abū Sufyān, placé au début du Ṣaḥīḥ, et du récit de la dernière maladie du Prophète ﷺ, quand il demanda de quoi écrire. Il rapporte aussi d'Ibn ʿAbbās ce souvenir de jeunesse : Ibn ʿAbbās arriva un jour sur un âne pendant que le Prophète ﷺ dirigeait la prière ; il passa devant une partie du rang, descendit et laissa l'âne paître, sans que le Prophète ﷺ ne le lui reproche. Les juristes utilisent ce hadith dans la question de ce qui interrompt la prière. Le maître d'az-Zuhrī Ibn Shihāb az-Zuhrī, le grand transmetteur de Médine, se mit à son service : « Je servais ʿUbayd Allāh au point de lui puiser de l'eau saumâtre. » Quand il frappait à la porte, la servante annonçait : « C'est ton jeune serviteur aux yeux chassieux. » Az-Zuhrī disait de lui : كَانَ عُبَيْدُ اللهِ بْنُ عَبْدِ اللهِ بَحْرًا مِنْ بُحُورِ الْعِلْمِ « ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh était une mer parmi les mers de la science. » Et encore : « Je n'ai fréquenté aucun savant sans avoir l'impression d'avoir épuisé ce qu'il savait. J'allais chez ʿUrwa jusqu'à n'entendre de lui que des choses déjà entendues. Seul ʿUbayd Allāh faisait exception : chaque fois que je venais, je trouvais chez lui une science nouvelle. » Le précepteur de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz Al-ʿIjlī rapporte que ʿUbayd Allāh fut le précepteur de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, le futur calife connu pour sa justice. Devenu calife, ʿUmar continua de l'honorer. ʿUbayd Allāh lui écrivit des vers de conseil, rapportés par Abū az-Zinād : بِسْمِ الَّذِي أُنْزِلَتْ مِنْ عِنْدِهِ السُّوَرُ ... وَالْحَمْدُ لِلهِ، أَمَّا بَعْدُ يَا عُمَرُ إِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ مَا تَأْتِي وَمَا تَذَرُ ... فَكُنْ عَلَى حَذَرٍ، قَدْ يَنْفَعُ الْحَذَرُ وَاصْبِرْ عَلَى الْقَدَرِ الْمَحْتُومِ وَارْضَ بِهِ ... وَإِنْ أَتَاكَ بِمَا لَا تَشْتَهِي الْقَدَرُ فَمَا صَفَا لِامْرِئٍ عَيْشٌ يُسَرُّ بِهِ ... إِلَّا سَيَتْبَعُ يَوْمًا صَفْوَهُ كَدَرُ « Au nom de Celui de qui les sourates sont descendues, et louange à Allah. Ensuite, ô ʿUmar : si tu sais ce que tu fais et ce que tu laisses, sois sur tes gardes, car la prudence est parfois utile. Endure le destin décrété et accepte-le, même s'il t'apporte ce que tu n'aimes pas. Car aucune vie n'a été limpide pour un homme, qui s'en réjouissait, sans qu'un jour un trouble ne vienne en suivre la clarté. » Le juriste et le poète Al-Wāqidī : « Digne de confiance, savant, juriste, abondant en hadiths et connaisseur de la poésie. Il avait perdu la vue. » Al-ʿIjlī : « L'un des juristes de Médine, digne de confiance, un homme vertueux qui réunissait la…