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Savant

ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtba

أَبُو عَبْدِ اللهِ عُبَيْدُ اللهِ بْنُ عَبْدِ اللهِ بْنِ عُتْبَةَ بْنِ مَسْعُودٍ الْهُذَلِيُّ الْمَدَنِيُّ

Naissance : Règne de ʿUmar (13-23 H) Décès : 98 H / 716 Juristes de Médine (tābiʿūn)

Juriste de Médine, maître d’az-Zuhrī et de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz

ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtba (m. 98 H / 716), petit-neveu d’Ibn Masʿūd et disciple d’Ibn ʿAbbās. L’un des sept juristes de Médine, maître d’az-Zuhrī et précepteur de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, il était aussi poète.

Biographie

ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtba est l'un des sept juristes de Médine. Petit-neveu du Compagnon ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, élève assidu d'Ibn ʿAbbās et de ʿĀʾisha, il fut le précepteur du futur calife ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz et le maître d'az-Zuhrī, qui le comparait à une mer. Aveugle à la fin de sa vie, il était aussi un poète apprécié.

أَبُو عَبْدِ اللهِ عُبَيْدُ اللهِ بْنُ عَبْدِ اللهِ بْنِ عُتْبَةَ بْنِ مَسْعُودٍ الْهُذَلِيُّ الْمَدَنِيُّ

En bref

  • Nom complet : Abū ʿAbd Allāh ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtba ibn Masʿūd al-Hudhalī al-Madanī.
  • Naissance : à Médine, sous le califat de ʿUmar (13-23 H / 634-644) ou peu après.
  • Mort : à Médine, en 98 H (716-717) selon al-Wāqidī ; 99 H selon d'autres.
  • Famille : son grand-père ʿUtba était le frère de ʿAbd Allāh ibn Masʿūd ; son frère ʿAwn était lui aussi un transmetteur de hadith.
  • Rang : l'un des sept juristes de Médine ; « mufti de Médine et son savant » selon adh-Dhahabī.

Une famille de Compagnons

La famille appartient à la tribu de Hudhayl, alliée de Quraysh. Son arrière-grand-oncle, ʿAbd Allāh ibn Masʿūd, est l'un des plus grands juristes parmi les Compagnons. Son grand-père, ʿUtba ibn Masʿūd, émigra lui aussi en Abyssinie ; az-Zuhrī disait que ʿAbd Allāh n'était pas plus juriste que ʿUtba, mais que ʿUtba mourut tôt. Son père, ʿAbd Allāh ibn ʿUtba, était né du vivant du Prophète ﷺ.

L'héritage juridique d'Ibn Masʿūd est l'un des fondements de l'école ḥanafite, à travers ʿAlqama, Ibrāhīm an-Nakhaʿī et Ḥammād ibn Abī Sulaymān. Par ʿUbayd Allāh, une branche de cette famille a aussi porté le fiqh à Médine.

Sa formation

ʿUbayd Allāh rapporte de ʿĀʾisha, d'Abū Hurayra, de Fāṭima bint Qays, d'Abū Wāqid al-Laythī, de Zayd ibn Khālid al-Juhanī, d'Ibn ʿUmar, d'Abū Saʿīd al-Khudrī, d'an-Nuʿmān ibn Bashīr, de Maymūna et d'Umm Salama. Mais son maître principal fut ʿAbd Allāh ibn ʿAbbās, auprès de qui il resta longtemps.

Az-Zuhrī raconte qu'Abū Salama ibn ʿAbd ar-Raḥmān interrogeait Ibn ʿAbbās avec raideur, et qu'Ibn ʿAbbās se fermait ; ʿUbayd Allāh, lui, le questionnait avec douceur, et Ibn ʿAbbās lui ouvrait sa science.

Il avait une mémoire remarquable :

مَا سَمِعْتُ حَدِيثًا قَطُّ فَأَشَاءُ أَنْ أَعِيَهُ إِلَّا وَعَيْتُهُ

« Je n'ai jamais entendu un hadith que j'ai voulu retenir sans l'avoir retenu. »

Des hadiths célèbres

Plusieurs hadiths parmi les plus connus du Ṣaḥīḥ d'al-Bukhārī passent par la chaîne « az-Zuhrī, de ʿUbayd Allāh, d'Ibn ʿAbbās ». C'est le cas du long récit de l'entrevue entre Héraclius et Abū Sufyān, placé au début du Ṣaḥīḥ, et du récit de la dernière maladie du Prophète ﷺ, quand il demanda de quoi écrire.

Il rapporte aussi d'Ibn ʿAbbās ce souvenir de jeunesse : Ibn ʿAbbās arriva un jour sur un âne pendant que le Prophète ﷺ dirigeait la prière ; il passa devant une partie du rang, descendit et laissa l'âne paître, sans que le Prophète ﷺ ne le lui reproche. Les juristes utilisent ce hadith dans la question de ce qui interrompt la prière.

Le maître d'az-Zuhrī

Ibn Shihāb az-Zuhrī, le grand transmetteur de Médine, se mit à son service :
« Je servais ʿUbayd Allāh au point de lui puiser de l'eau saumâtre. » Quand il frappait à la porte, la servante annonçait : « C'est ton jeune serviteur aux yeux chassieux. »

Az-Zuhrī disait de lui :

كَانَ عُبَيْدُ اللهِ بْنُ عَبْدِ اللهِ بَحْرًا مِنْ بُحُورِ الْعِلْمِ

« ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh était une mer parmi les mers de la science. »

Et encore : « Je n'ai fréquenté aucun savant sans avoir l'impression d'avoir épuisé ce qu'il savait. J'allais chez ʿUrwa jusqu'à n'entendre de lui que des choses déjà entendues. Seul ʿUbayd Allāh faisait exception : chaque fois que je venais, je trouvais chez lui une science nouvelle. »

Le précepteur de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz

Al-ʿIjlī rapporte que ʿUbayd Allāh fut le précepteur de ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, le futur calife connu pour sa justice. Devenu calife, ʿUmar continua de l'honorer. ʿUbayd Allāh lui écrivit des vers de conseil, rapportés par Abū az-Zinād :

بِسْمِ الَّذِي أُنْزِلَتْ مِنْ عِنْدِهِ السُّوَرُ ... وَالْحَمْدُ لِلهِ، أَمَّا بَعْدُ يَا عُمَرُ

إِنْ كُنْتَ تَعْلَمُ مَا تَأْتِي وَمَا تَذَرُ ... فَكُنْ عَلَى حَذَرٍ، قَدْ يَنْفَعُ الْحَذَرُ

وَاصْبِرْ عَلَى الْقَدَرِ الْمَحْتُومِ وَارْضَ بِهِ ... وَإِنْ أَتَاكَ بِمَا لَا تَشْتَهِي الْقَدَرُ

فَمَا صَفَا لِامْرِئٍ عَيْشٌ يُسَرُّ بِهِ ... إِلَّا سَيَتْبَعُ يَوْمًا صَفْوَهُ كَدَرُ

« Au nom de Celui de qui les sourates sont descendues, et louange à Allah. Ensuite, ô ʿUmar : si tu sais ce que tu fais et ce que tu laisses, sois sur tes gardes, car la prudence est parfois utile. Endure le destin décrété et accepte-le, même s'il t'apporte ce que tu n'aimes pas. Car aucune vie n'a été limpide pour un homme, qui s'en réjouissait, sans qu'un jour un trouble ne vienne en suivre la clarté. »

Le juriste et le poète

  • Al-Wāqidī : « Digne de confiance, savant, juriste, abondant en hadiths et connaisseur de la poésie. Il avait perdu la vue. »
  • Al-ʿIjlī : « L'un des juristes de Médine, digne de confiance, un homme vertueux qui réunissait la science. »
  • Abū Zurʿa ar-Rāzī : « Digne de confiance, sûr, un imam. »

On s'étonnait qu'un juriste de son rang compose des vers. Il répondait, selon les sources biographiques, que celui qui souffre a besoin d'exprimer sa peine. Sa poésie, souvent sentimentale ou morale, est citée dans les recueils d'adab.

La prière avant tout

Mālik rapporte que ʿUbayd Allāh prolongeait sa prière et ne l'abrégeait pour personne. ʿAlī ibn al-Ḥusayn, l'arrière-petit-fils du Prophète ﷺ, vint un jour le voir pendant qu'il priait et dut attendre longtemps. On le lui reprocha : « Le fils de la fille du Messager d'Allah vient te voir et tu le retiens ainsi ? » Il répondit :

اللَّهُمَّ غَفْرًا، لَا بُدَّ لِمَنْ طَلَبَ هَذَا الشَّأْنَ أَنْ يُعَنَّى

« Seigneur, pardon ! Celui qui recherche cette science doit accepter de s'en donner la peine. »

Sa mort

ʿUbayd Allāh mourut à Médine en 98 H selon al-Wāqidī et Ibn Numayr, ou en 99 H selon al-Haytham ibn ʿAdī et ʿAlī ibn al-Madīnī. Il était aveugle depuis plusieurs années.

Ses élèves

Son frère ʿAwn ; Ibn Shihāb az-Zuhrī ; ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz ; Abū az-Zinād ; Ṣāliḥ ibn Kaysān ; ʿIrāk ibn Mālik ; Ḍamra ibn Saʿīd al-Māzinī ; Mūsā ibn Abī ʿĀʾisha ; Saʿd ibn Ibrāhīm ; Sālim Abū an-Naḍr ; Khuṣayf al-Jazarī.

Les sept juristes de Médine

À la génération qui suit les Compagnons, la fatwa de Médine reposait sur un groupe de savants que les biographes appellent « les sept juristes » (al-fuqahāʾ as-sabʿa). Abū az-Zinād, qui les avait connus, en donne la liste : Saʿīd ibn al-Musayyib, ʿUrwa ibn az-Zubayr, al-Qāsim ibn Muḥammad, Abū Bakr ibn ʿAbd ar-Raḥmān, ʿUbayd Allāh ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUtba, Khārija ibn Zayd et Sulaymān ibn Yasār. On les a réunis dans deux vers célèbres :

أَلَا كُلُّ مَنْ لَا يَقْتَدِي بِأَئِمَّةٍ ... فَقِسْمَتُهُ ضِيزَى عَنِ الْحَقِّ خَارِجَهْ

فَخُذْهُمْ: عُبَيْدُ اللهِ، عُرْوَةُ، قَاسِمٌ ... سَعِيدٌ، أَبُو بَكْرٍ، سُلَيْمَانُ، خَارِجَهْ

« Quiconque ne suit pas de guides fait un partage injuste, qui s'écarte du vrai. Prends-les donc : ʿUbayd Allāh, ʿUrwa, Qāsim, Saʿīd, Abū Bakr, Sulaymān, Khārija. »

Les quatre écoles juridiques rapportent leurs avis comme ceux des plus grands tābiʿūn. Mālik, qui grandit à Médine parmi leurs élèves, en a recueilli beaucoup dans le Muwaṭṭaʾ ; Abū Ḥanīfa et ses disciples les connaissaient, notamment par Muḥammad ash-Shaybānī, qui transmit lui aussi le Muwaṭṭaʾ ; ash-Shāfiʿī et Aḥmad ibn Ḥanbal les citent souvent. Les ouvrages de fiqh comparé des quatre écoles mentionnent régulièrement « l'avis des sept juristes ».

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Ce qui est moins sûr

  • La date de naissance n'est pas connue avec précision : sous le califat de ʿUmar, ou peu après selon adh-Dhahabī.
  • L'année de la mort : 98 ou 99 H ; on a aussi proposé d'autres dates.
  • Ses récits de ʿUmar, de ʿAmmār ibn Yāsir et de ʿUthmān ibn Ḥunayf sont mursal : il ne les a pas entendus directement.
  • Une partie de la poésie qui lui est attribuée dans les recueils d'adab n'a pas de chaîne solide.

Sources

  • Adh-Dhahabī, Siyar aʿlām an-nubalāʾ, éd. Muʾassasat ar-Risāla, t. 4, p. 475 et suiv.
  • Ibn Saʿd, aṭ-Ṭabaqāt al-kubrā, t. 5 (savants de Médine).
  • Al-ʿIjlī, Taʾrīkh ath-thiqāt.
  • Al-Bukhārī, aṣ-Ṣaḥīḥ, livre du début de la révélation (hadith d'Héraclius) et livre de la prière.
  • Abū Nuʿaym, Ḥilyat al-awliyāʾ.
  • Al-Mizzī, Tahdhīb al-kamāl, et Ibn Ḥajar, Tahdhīb at-tahdhīb.

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