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Khārija ibn Zayd

أَبُو زَيْدٍ خَارِجَةُ بْنُ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ الْأَنْصَارِيُّ النَّجَّارِيُّ

Savant

Khārija ibn Zayd est l'un des sept juristes de Médine. Fils de Zayd ibn Thābit, le scribe de la révélation et grand spécialiste des successions, il hérita de la science de son père. Avec Ṭalḥa ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAwf, il partageait les héritages et rédigeait les actes des habitants de Médine. Adh-Dhahabī l'appelle « l'imam fils de l'imam ». أَبُو زَيْدٍ خَارِجَةُ بْنُ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ الْأَنْصَارِيُّ النَّجَّارِيُّ الْمَدَنِيُّ En bref Nom complet : Abū Zayd Khārija ibn Zayd ibn Thābit ibn aḍ-Ḍaḥḥāk al-Anṣārī an-Najjārī al-Madanī. Naissance : à Médine, vers 29-30 H (650), sous le califat de ʿUthmān. Mort : à Médine, en 99 ou 100 H (717-718), à soixante-dix ans. Famille : fils de Zayd ibn Thābit ; petit-fils, par sa mère, de Saʿd ibn ar-Rabīʿ, l'un des chefs (nuqabāʾ) des Anṣār. Rang : l'un des sept juristes de Médine ; spécialiste des successions (farāʾiḍ) et de la rédaction des actes. Le fils de Zayd ibn Thābit Son père, Zayd ibn Thābit, est le Compagnon qui écrivait la révélation pour le Prophète ﷺ, qui rassembla le Coran sous Abū Bakr et qui dirigea la copie des exemplaires sous ʿUthmān. ʿUmar et ʿUthmān ne faisaient passer personne avant lui en matière de successions, de fatwa, de lecture du Coran et de justice. Sa mère, Umm Saʿd, était la fille de Saʿd ibn ar-Rabīʿ, tombé martyr à Uḥud. Khārija était le plus éminent de ses frères, Ismāʿīl, Sulaymān, Yaḥyā et Saʿd. Khārija se souvenait de son enfance sous ʿUthmān : « Nous étions des garçons, et le meilleur sauteur d'entre nous était celui qui franchissait d'un bond la tombe de ʿUthmān ibn Maẓʿūn. » Al-Bukhārī cite cette parole dans son Ṣaḥīḥ, au livre des funérailles. Le transmetteur de son père Khārija rapportait peu de hadiths. Mais c'est par lui que sont connus plusieurs récits importants de son père. Il rapporte ainsi que Zayd a dit : « Le Messager d'Allah ﷺ m'ordonna d'apprendre l'écriture des Juifs. En moins de quinze jours, je la maîtrisais. J'écrivais pour lui quand il leur écrivait, et je lui lisais leurs lettres. » Il rapporte aussi le récit de la copie du Coran sous ʿUthmān. Zayd dit avoir cherché un verset de la sourate al-Aḥzāb qu'il avait entendu le Prophète ﷺ réciter ; il ne le trouva écrit que chez Khuzayma ibn Thābit al-Anṣārī : ﴿مِنَ الْمُؤْمِنِينَ رِجَالٌ صَدَقُوا مَا عَاهَدُوا اللهَ عَلَيْهِ﴾ « Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. » (al-Aḥzāb, 33 : 23) Ce récit, rapporté par al-Bukhārī par az-Zuhrī de Khārija, est une source essentielle sur l'histoire de la mise par écrit du Coran. Il rapporte également de son oncle Yazīd ibn Thābit, d'Usāma ibn Zayd, d'Umm al-ʿAlāʾ al-Anṣāriyya et de sa mère. Le maître des successions Muṣʿab az-Zubayrī rapporte : « Khārija ibn Zayd et Ṭalḥa ibn ʿAbd Allāh ibn ʿAwf étaient, de leur temps, ceux que l'on consultait et dont l'avis faisait autorité. Ils partageaient les héritages entre les ayants droit, qu'il s'agisse de maisons, de palmeraies ou de biens, et rédigeaient les actes des gens. » Il continuait ainsi l'œuvre de son père, la référence des Compagnons en matière de successions. Les avis de Zayd sur les farāʾiḍ, transmis notamment par Khārija et par Abū az-Zinād, son élève en fiqh, sont devenus une base commune des quatre écoles, qui les suivent dans la plupart des cas, même quand d'autres Compagnons avaient un avis différent. Un cas de qasāma Khārija raconte une affaire de son temps qui illustre une institution du droit pénal, la qasāma : « Sous Muʿāwiya, un homme des Anṣār, ivre, tua un autre Anṣārī. Il n'y avait pas de témoins, seulement des indices. Les gens furent d'avis que les proches de la victime prêtent serment, puis qu'on leur livre le meurtrier. Nous allâmes trouver Muʿāwiya, qui écrivit au gouverneur Saʿīd ibn al-ʿĀṣ de nous faire jurer puis de nous livrer l'homme. Après que nous eûmes prêté cinquante serments, il nous le remit. » La qasāma consiste en cinquante serments prêtés quand un meurtre est soupçonné sans preuve complète. Les quatre écoles l'admettent, mais divergent sur ses effets : Les ḥanafites : ce sont les habitants du lieu où l'on a trouvé la victime qui jurent ne pas l'avoir tuée, puis ils paient le prix du sang (diya) ; la qasāma ne donne pas lieu au talion. Les mālikites : les proches de la victime jurent, et la qasāma peut fonder le talion en cas de meurtre intentionnel, comme dans le récit de Khārija. Les shāfiʿites : selon la doctrine nouvelle d'ash-Shāfiʿī, la qasāma n'entraîne que le prix du sang ; sa doctrine ancienne admettait le talion. Les ḥanbalites : en présence d'une animosité connue entre les parties (lawth), les proches jurent et le talion est possible selon l'avis retenu dans l'école. Le désintéressement Le calife Sulaymān ibn ʿAbd al-Malik lui fit don d'une somme d'argent ; Khārija la distribua. Plus tard, ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz ordonna de lui verser la pension qui lui avait été supprimée. Khārija alla trouver le gouverneur Abū Bakr ibn Ḥazm : « J'ai des pairs. Si le Commandeur des…