En bref
La ʿaqīqa est le sacrifice fait pour remercier Allah de la naissance d’un enfant. Chez les mālikites, c’est une sunna recommandée : un mouton, pour un garçon comme pour une fille, égorgé le septième jour, en journée.
Le hadith
« Tout enfant est gagé par sa ʿaqīqa : on égorge pour lui le septième jour, on lui rase la tête et on lui donne un nom. » (Abū Dāwūd, n° 2838, et at-Tirmidhī, n° 1522, hadith authentique)
Et le Prophète ﷺ a fait la ʿaqīqa d’al-Ḥasan et d’al-Ḥusayn.
Qui la fait ?
Le père, ou celui qui a la charge de l’enfant, s’il en a les moyens. Elle n’est pas obligatoire : celui qui n’en a pas les moyens ne doit pas s’endetter pour la faire.
Combien de moutons ?
- Chez les mālikites : un mouton pour un garçon, un mouton pour une fille. Le Prophète ﷺ a sacrifié un bélier pour al-Ḥasan et un bélier pour al-Ḥusayn. (Abū Dāwūd, n° 2841)
- Chez les shāfiʿites et les ḥanbalites : deux pour un garçon et un pour une fille, d’après un autre hadith (at-Tirmidhī, n° 1513). Les deux pratiques sont valables.
Quel animal ?
Les mêmes conditions que pour le sacrifice de l’Aïd : âge minimum (un an révolu pour un mouton) et absence de défauts graves (bête borgne, malade, boiteuse ou très maigre). Chez les mālikites, le mouton est le meilleur choix. On peut aussi sacrifier une chèvre, une vache ou un chameau.
Quand ?
- Le septième jour après la naissance. Si l’enfant est né après l’aube, on ne compte pas ce jour : on compte sept jours à partir du lendemain.
- En journée, de préférence le matin, après le lever du soleil. Chez les mālikites, comme pour l’Aïd, un sacrifice égorgé la nuit ne compte pas.
- Si le septième jour est passé : selon l’avis connu chez les mālikites, la ʿaqīqa n’est plus demandée. D’autres écoles permettent de la faire le 14e ou le 21e jour, ou plus tard.
Comment ?
Comme tout sacrifice : bête couchée sur le flanc gauche, orientée vers la qibla, en disant « Bismillāh, Allāhu akbar ». On peut ajouter : « Ô Allah, ceci vient de Toi et est pour Toi, c’est la ʿaqīqa de [prénom de l’enfant]. »
La viande
La famille en mange, en offre et en donne aux pauvres. On peut la distribuer crue ou cuite, ou en préparer un repas. On ne vend rien de la bête, pas même la peau.
Le même jour
On rase la tête du bébé et on donne le poids de ses cheveux en argent aux pauvres, et on annonce son prénom.
L’avis des quatre écoles
- Le statut : sunna chez les mālikites et les shāfiʿites ; sunna fortement recommandée chez les ḥanbalites ; permise ou recommandée selon les ḥanafites, qui ne l’ont pas considérée comme une sunna confirmée.
- Le nombre de moutons : deux pour un garçon et un pour une fille chez les shāfiʿites et les ḥanbalites ; un pour chacun chez les mālikites.
- Après le septième jour : chez les shāfiʿites, elle reste possible jusqu’à la puberté ; chez les ḥanbalites, le 14e ou le 21e jour ; chez les mālikites, elle n’est plus demandée.
- Casser les os de la bête : les shāfiʿites et les ḥanbalites recommandent de ne pas les casser, par bon augure ; les mālikites le permettent.
Pour aller plus loin
- La naissance en islam : les sunnas du premier au septième jour → https://tahacademy.com/bibliotheque/la-naissance-en-islam-les-sunnas-du-premier-au-septieme-jour
- Le sacrifice de l’Aïd al-Aḍḥā selon l’école mālikite (conditions des bêtes) → https://tahacademy.com/bibliotheque/le-sacrifice-de-l-aid-al-adha-2027-udhiya-regles-age-des-bet
- Le baptême (ngénte) et les fêtes de naissance : sunna et coutume → https://tahacademy.com/bibliotheque/le-bapteme-musulman-ngente-et-les-fetes-de-naissance-ce-qui-


