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L’héritage en islam : les grandes règles du partage (dettes, testament, parts des héritiers)

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Comment se partage une succession en islam : ce qu’on règle avant le partage, le testament limité au tiers, les parts du conjoint, des enfants et des parents, avec un exemple chiffré.

En bref

Avant tout partage, on paie les frais funéraires, puis les dettes, puis le testament (dans la limite du tiers). Le reste est partagé entre les héritiers selon des parts fixées par le Coran.

Le texte de base

« Voici ce qu’Allah vous enjoint au sujet de vos enfants : au garçon, une part équivalente à celle de deux filles… » (sourate an-Nisāʾ, 4:11) Les versets 11, 12 et 176 de la sourate an-Nisāʾ fixent l’essentiel des parts.

L’ordre des opérations

  • Les frais funéraires, sans excès.
  • Les dettes du défunt envers les gens.
  • Le testament (waṣiyya), au maximum le tiers de ce qui reste, et jamais en faveur d’un héritier : « Pas de testament pour un héritier. » (Abū Dāwūd, n° 2870)
  • Le partage entre les héritiers.

Les principales parts

  • Le mari : la moitié s’il n’y a pas d’enfants, le quart s’il y en a.
  • L’épouse (ou les épouses ensemble) : le quart s’il n’y a pas d’enfants, le huitième s’il y en a.
  • Une fille seule : la moitié. Deux filles ou plus : les deux tiers.
  • Les fils avec les filles : ils prennent ce qui reste, le garçon ayant le double de la fille.
  • La mère : le sixième s’il y a des enfants (ou plusieurs frères et sœurs), sinon le tiers.
  • Le père : le sixième s’il y a un fils, et davantage s’il n’y a pas de fils.

Les frères, sœurs, grands-parents et autres parents héritent selon des règles plus détaillées, souvent en l’absence des héritiers plus proches.

Exemple simple

Un homme laisse une épouse, un fils et une fille ; ses parents sont décédés.

  • L’épouse : 1/8.
  • Il reste 7/8, partagés entre le fils et la fille : le fils reçoit deux parts, la fille une.
  • Résultat : épouse 3/24, fils 14/24, fille 7/24.

Pourquoi le garçon reçoit-il le double ?

Parce que les charges financières de la famille pèsent sur l’homme : il doit l’entretien de son épouse, de ses enfants et parfois de ses parents, tandis que la femme garde ses biens pour elle seule. Dans plusieurs situations, la femme reçoit autant ou plus qu’un homme.

Quelques règles importantes

  • Le meurtrier n’hérite pas de sa victime.
  • Le musulman et le non-musulman n’héritent pas l’un de l’autre. (al-Bukhārī, n° 6764) On peut toutefois faire un legs à un proche non musulman.
  • L’enfant pris en charge (kafāla) n’hérite pas automatiquement : on peut lui léguer jusqu’au tiers.
  • Faire son testament de son vivant est recommandé, pour préciser ses dettes, ses legs et ses volontés.

L’avis des quatre écoles

  • Les parts fixées par le Coran : accord des quatre écoles.
  • Le reste de la succession, quand il n’y a pas d’héritier « agnat » : rendu aux héritiers à parts fixes (radd) chez les ḥanafites et les ḥanbalites ; versé au trésor public chez les premiers mālikites et shāfiʿites, puis rendu aux héritiers par les mālikites et shāfiʿites ultérieurs, faute de trésor public organisé.
  • Le grand-père avec les frères et sœurs du défunt : il les exclut selon Abū Ḥanīfa ; il partage avec eux selon les mālikites, les shāfiʿites, les ḥanbalites et les deux disciples d’Abū Ḥanīfa.
  • Le testament en faveur d’un héritier : valable si les autres héritiers l’acceptent après le décès, selon les quatre écoles.

Pour aller plus loin

Le calcul exact d’une succession dépend de chaque situation : faites-le vérifier par un spécialiste des farāʾiḍ, et par un notaire pour les démarches civiles.

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Commentaires

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