En bref
Celui qui n’a pas jeûné des jours de Ramadan pour une raison valable (maladie, voyage, règles, lochies…) doit les rattraper avant le Ramadan suivant. Il peut les jeûner séparément. S’il a laissé passer un Ramadan sans excuse, il rattrape quand même, et la majorité des savants ajoute un repas donné à un pauvre pour chaque jour.
La base : le Coran
« Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage devra jeûner un nombre égal d’autres jours. » (sourate al-Baqara, 2 : 184)
Qui doit rattraper ?
- Le malade qui guérit et le voyageur qui a rompu le jeûne.
- La femme en règles ou en lochies. ʿĀʾisha a dit : « On nous ordonnait de rattraper le jeûne, et on ne nous ordonnait pas de rattraper la prière. » (Muslim, n° 335)
- La femme enceinte ou qui allaite, si elle a rompu le jeûne par crainte pour elle-même ou pour son enfant. Les écoles divergent sur l’ajout d’une compensation (fidya) dans certains cas.
- Celui qui a rompu volontairement sans excuse doit se repentir et rattraper ; certains cas entraînent en plus une expiation (kaffāra).
Jusqu’à quand ?
On a jusqu’au Ramadan suivant. ʿĀʾisha a dit : « Je devais des jours du Ramadan, et je ne pouvais les rattraper qu’en Shaʿbān. » (al-Bukhārī, n° 1950 ; Muslim, n° 1146) Il est cependant préférable de ne pas tarder, car on ne sait pas ce que l’avenir réserve.
Faut-il jeûner les jours à la suite ?
Non. Ibn ʿAbbās a dit : « Il n’y a pas de mal à les séparer », car Allah dit « un nombre égal d’autres jours » sans exiger qu’ils se suivent. (rapporté par al-Bukhārī en tête du chapitre « Quand rattrape-t-on le Ramadan ? ») Les jeûner à la suite reste recommandé par plusieurs savants.
Et si l’on a laissé passer un Ramadan ?
- Avec une excuse qui a duré toute l’année (maladie continue…) : on rattrape simplement, sans rien ajouter.
- Sans excuse : on rattrape, et l’on donne à un pauvre, pour chaque jour, une mesure de nourriture (un mudd). C’est l’avis rapporté par l’imam Mālik dans al-Muwaṭṭaʾ, celui des shāfiʿites et des ḥanbalites, et il est rapporté d’Abū Hurayra et d’Ibn ʿAbbās. Les ḥanafites, avec Ibrāhīm an-Nakhaʿī, estiment que le rattrapage suffit. (al-Bukhārī, en tête de chapitre)
Le cas d’une personne décédée
Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui meurt en devant des jours de jeûne, son proche jeûne à sa place. » (al-Bukhārī, n° 1952) Les shāfiʿites (dans un avis) et les ḥanbalites l’appliquent, surtout pour le jeûne promis par vœu. Les mālikites et les ḥanafites retiennent la parole d’Ibn ʿUmar : « Personne ne jeûne pour un autre » (Mālik, al-Muwaṭṭaʾ) : on nourrit alors un pauvre par jour, si le défunt l’a demandé dans son testament.
Pour aller plus loin
- Le jeûne du Ramadan : règles, dispenses et zakāt al-fiṭr → https://tahacademy.com/bibliotheque/le-jeune-du-ramadan-regles-dispenses-et-zakat-al-fitr-ecole-
- Qui est dispensé de jeûner le Ramadan ? → https://tahacademy.com/bibliotheque/qui-est-dispense-de-jeuner-le-ramadan-malade-voyageur-femme-
- Les six jours de Shawwāl : mérite, quand les jeûner → https://tahacademy.com/bibliotheque/les-six-jours-de-shawwal-merite-quand-les-jeuner-et-la-posit
- La prière et le jeûne pendant les menstrues (fiche 3) → https://tahacademy.com/bibliotheque/les-menstrues-fiche-3-la-priere-et-le-jeune
- Le livre « Les menstrues de la femme en Islam » → https://tahacademy.com/nos-livres/-P4kbacXXn-9ubO-ynUm
Ces articles présentent les avis des écoles et des savants reconnus pour vous aider à comprendre. Pour une situation personnelle, consultez une personne de science qui la connaît.

