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Bilāl ibn Rabāḥ
Personnalité historique
Il était esclave à La Mecque, sans famille puissante pour le protéger. On l'a torturé et traîné dans les ravins de La Mecque, et il répétait un seul mot : « Aḥad, Aḥad » (« Un, Un »). Quelques années plus tard, sa voix appelait toute la communauté à la prière, du haut de la mosquée du Prophète ﷺ puis du toit de la Kaʿba. C'est l'histoire de Bilāl ibn Rabāḥ. Qui était Bilāl ? Bilāl est le fils de Rabāḥ et de Ḥamāma, sa mère, dont il porte parfois le nom : on l'appelait aussi Ibn Ḥamāma, comme le rapporte Ibn Ḥajar dans *Tahdhīb at-Tahdhīb*. Sa famille était d'origine abyssinienne. Les biographes lui donnent plusieurs surnoms (kunya), dont Abū ʿAbdallāh et Abū ʿAbd ar-Raḥmān. Il était l'esclave d'un notable de Quraysh, Umayya ibn Khalaf, l'un des ennemis les plus acharnés du Prophète ﷺ. « Aḥad, Aḥad » Bilāl fut l'un des tout premiers musulmans. ʿAbdallāh ibn Masʿūd raconte que les premiers à afficher publiquement leur islam furent sept, et que Bilāl était parmi eux. Les autres avaient des familles pour les protéger. Lui n'avait personne. « Il fit peu de cas de sa propre personne pour Allah », dit Ibn Masʿūd. Ses tortionnaires le livrèrent aux enfants, qui le traînaient dans les ravins de La Mecque, et lui ne cessait de répéter : « Aḥad, Aḥad » (rapporté par Ibn Māja). Ce mot, « Un », résume toute sa foi : l'unicité d'Allah, qu'aucune souffrance ne pouvait lui faire renier. Face à ceux qui voulaient le ramener à leurs idoles, il ne répondait ni par des insultes ni par de longs discours, seulement par ce mot. Affranchi par Abū Bakr Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq racheta Bilāl et l'affranchit. ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb disait plus tard : « Abū Bakr est notre maître, et il a affranchi notre maître », en parlant de Bilāl (rapporté par al-Bukhārī). Dans la bouche de ʿUmar, le mot « maître » (sayyid) n'était pas une formule : l'ancien esclave était devenu l'un des hommes les plus respectés de la communauté. La plus belle voix pour l'adhān À Médine, les musulmans cherchaient un moyen d'appeler à la prière. Le compagnon ʿAbdallāh ibn Zayd vit en rêve les paroles de l'adhān. Le Prophète ﷺ lui dit : « C'est une vision vraie. Enseigne-la à Bilāl, car il a une voix plus portante que la tienne » (rapporté par Abū Dāwūd et at-Tirmidhī). C'est ainsi que Bilāl devint le premier muezzin de l'islam. Pendant des années, c'est sa voix qui annonçait les cinq prières à Médine. Les livres de biographie le désignent simplement ainsi : « Bilāl, le muezzin du Messager d'Allah ﷺ ». Le Prophète ﷺ lui disait aussi : « Ô Bilāl, fais l'iqāma de la prière, apaise-nous par elle » (rapporté par Abū Dāwūd). Pour le Prophète ﷺ, la prière n'était pas une charge dont on se débarrasse, mais un repos, et c'est à Bilāl qu'il demandait d'annoncer ce moment. Cette parole est souvent rappelée à ceux qui vivent la prière comme un poids : elle est faite pour reposer le cœur. Badr : face à son ancien maître Lors de la bataille de Badr, Umayya ibn Khalaf, l'homme qui l'avait torturé, se trouvait dans l'armée de Quraysh. ʿAbd ar-Raḥmān ibn ʿAwf raconte qu'il avait fait prisonnier Umayya pour le protéger, en raison d'un accord passé entre eux. Mais quand Bilāl le vit, il s'écria : « Umayya ibn Khalaf ! Que je ne sois pas sauvé s'il est sauvé ! » Il appela les Anṣār, qui rattrapèrent Umayya (rapporté par al-Bukhārī). Celui qui avait voulu briser Bilāl à La Mecque tomba à Badr, et Bilāl fait partie des gens de Badr, dont le Prophète ﷺ a dit qu'ils étaient parmi les meilleurs des musulmans. L'adhān sur la Kaʿba Le jour de la conquête de La Mecque, en l'an 8 de l'hégire, le Prophète ﷺ ordonna à Bilāl de monter sur le toit de la Kaʿba et de faire l'appel à la prière. Ce récit est rapporté dans plusieurs ouvrages, dont *al-Maṭālib al-ʿĀliya* d'Ibn Ḥajar. L'ancien esclave torturé dans les rues de La Mecque appelait désormais à la prière depuis le cœur de la ville. Ses pas au Paradis Un jour, après la prière de l'aube, le Prophète ﷺ dit à Bilāl : « Ô Bilāl, parle-moi de l'action que tu as faite en islam et dont tu espères le plus, car j'ai entendu le bruit de tes sandales devant moi au Paradis. » Bilāl répondit : « Je n'ai rien fait dont j'espère plus que ceci : chaque fois que je me purifie, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, je prie avec cette purification ce qu'il m'a été donné de prier » (rapporté par al-Bukhārī). Ce hadith est à l'origine d'une pratique simple et précieuse : prier deux rakʿa après chaque wuḍūʾ. Après le Prophète ﷺ Après la mort du Prophète ﷺ, Bilāl partit pour le Shām (la Syrie) afin de prendre part aux expéditions, comme le rapporte al-Fāsī dans *al-ʿIqd ath-Thamīn*. Il y passa la fin de sa vie. Le même auteur mentionne aussi, sous la forme « on raconte que » (yuqāl), qu'il fit un jour l'appel à la prière pour ʿUmar, venu en Syrie, et que ʿUmar et ceux qui l'entouraient se mirent à pleurer en entendant à nouveau la voix qui appelait à la prière du vivant du Prophète ﷺ. Sa mort Selon al-Aṣbahānī, dans *Siyar as-Salaf aṣ-Ṣāliḥīn*, Bilāl mourut à…