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Al-Qāsim ibn Muḥammad

أَبُو مُحَمَّدٍ الْقَاسِمُ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ أَبِي بَكْرٍ الصِّدِّيقِ الْقُرَشِيُّ التَّيْمِيُّ

Savant

Al-Qāsim ibn Muḥammad, petit-fils d'Abū Bakr aṣ-Ṣiddīq, est l'un des sept juristes de Médine. Orphelin élevé par sa tante ʿĀʾisha, il devint l'un des meilleurs connaisseurs de ses hadiths et un modèle de prudence : il préférait se taire plutôt que d'affirmer ce qu'il ne savait pas. ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz l'aurait voulu pour successeur. أَبُو مُحَمَّدٍ الْقَاسِمُ بْنُ مُحَمَّدِ بْنِ أَبِي بَكْرٍ الصِّدِّيقِ الْقُرَشِيُّ التَّيْمِيُّ En bref Nom complet : Abū Muḥammad (ou Abū ʿAbd ar-Raḥmān) al-Qāsim ibn Muḥammad ibn Abī Bakr aṣ-Ṣiddīq al-Qurashī at-Taymī al-Madanī. Naissance : à Médine, sous le califat de ʿAlī (35-40 H / 656-661). Mort : à Qudayd, entre La Mecque et Médine, en 108 H (726) selon la majorité. Famille : fils de Muḥammad ibn Abī Bakr ; neveu de ʿĀʾisha ; cousin de ʿUrwa ibn az-Zubayr. Rang : l'un des sept juristes de Médine ; l'un des trois grands transmetteurs de ʿĀʾisha. L'orphelin de la maison d'Abū Bakr Son père, Muḥammad ibn Abī Bakr, gouverneur d'Égypte pour ʿAlī, fut tué en 38 H alors qu'al-Qāsim était encore petit. Sa mère était une esclave affranchie à la naissance de son enfant (umm walad), nommée Sawda selon Ibn Saʿd. Le jeune orphelin fut recueilli par sa tante ʿĀʾisha, qui l'éleva et l'instruisit. ʿAbd Allāh ibn az-Zubayr, le voyant un jour quitter sa maison, dit : « Je n'ai jamais vu un descendant d'Abū Bakr qui lui ressemble autant que ce jeune homme. » Sa formation Al-Qāsim raconte : « ʿĀʾisha s'occupait seule de la fatwa sous le califat d'Abū Bakr et de ʿUmar, et jusqu'à sa mort. Je restais auprès d'elle. Je m'asseyais aussi auprès de la mer qu'était Ibn ʿAbbās, et j'ai beaucoup fréquenté Abū Hurayra et Ibn ʿUmar. » Il rapporte aussi de sa grand-mère Asmāʾ bint ʿUmays, de Fāṭima bint Qays, de ʿAbd Allāh ibn ʿAmr, de Rāfiʿ ibn Khadīj, de Muʿāwiya et d'autres. Ibn ʿUyayna le compte parmi les trois personnes qui connaissaient le mieux les hadiths de ʿĀʾisha, avec ʿUrwa et ʿAmra. Yaḥyā ibn Maʿīn disait de la chaîne « ʿUbayd Allāh ibn ʿUmar, d'al-Qāsim, de ʿĀʾisha » qu'elle était « un fil tressé d'or ». Il transmettait les hadiths mot pour mot, comme Ibn Sīrīn et Rajāʾ ibn Ḥaywa, alors que d'autres les rapportaient selon le sens. Ce qu'on a dit de lui Yaḥyā ibn Saʿīd al-Anṣārī : « Nous n'avons trouvé à Médine personne que nous lui préférions. » Abū az-Zinād : « Je n'ai vu personne qui connaisse mieux la Sunna qu'al-Qāsim. On ne comptait un homme pour quelqu'un que s'il connaissait la Sunna. » Mālik : « Il était parmi les juristes de cette communauté. » Mālik rapporte aussi qu'Ibn Sīrīn, trop âgé pour faire le pèlerinage, demandait aux pèlerins d'observer la conduite et la tenue d'al-Qāsim pour les imiter. Ayyūb as-Sikhtiyānī : « Je n'ai pas vu d'homme meilleur que lui. » Al-ʿIjlī : « Parmi les meilleurs des tābiʿūn et leurs juristes ; digne de confiance, intègre, vertueux. » La prudence du savant Al-Qāsim répondait peu, et seulement sur ce qui était clair pour lui. Il disait : لَأَنْ يَعِيشَ الرَّجُلُ جَاهِلًا بَعْدَ أَنْ يَعْرِفَ حَقَّ اللهِ عَلَيْهِ، خَيْرٌ لَهُ مِنْ أَنْ يَقُولَ مَا لَا يَعْلَمُ « Qu'un homme vive ignorant, après avoir connu le droit d'Allah sur lui, vaut mieux pour lui que de dire ce qu'il ne sait pas. » À un gouverneur de Médine qui l'interrogeait, il répondit : « Un homme s'honore lui-même en ne disant que ce que sa science embrasse. » Il ne commentait pas le Coran. Il refusa même de dicter des hadiths à un élève, en rappelant que ʿUmar avait fait brûler des recueils de peur qu'ils ne deviennent un livre à côté du Livre d'Allah. Son humilité est restée célèbre. Ibn Isḥāq raconte qu'un Bédouin lui demanda qui était le plus savant, lui ou Sālim ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUmar. Al-Qāsim répondit d'abord : « Gloire à Allah ! Chacun te dira ce qu'il sait. » Comme l'homme insistait, il dit : « C'est Sālim, va l'interroger. » Ibn Isḥāq commente : il ne voulait pas dire « c'est moi », ce qui aurait été se faire l'éloge, ni « Sālim est plus savant que moi », ce qui aurait été un mensonge ; or al-Qāsim était le plus savant des deux. La divergence, une miséricorde Al-Qāsim avait vu les Compagnons diverger sur des questions de fiqh sans se condamner les uns les autres. Il disait : اخْتِلَافُ الصَّحَابَةِ رَحْمَةٌ « La divergence des Compagnons est une miséricorde. » Cette parole est souvent citée pour expliquer la coexistence des écoles juridiques : chacune s'appuie sur des avis de Compagnons, et l'on peut suivre l'un d'eux sans blâmer ceux qui en suivent un autre. Le désintéressement Al-Qāsim refusa cinq cents dinars que lui faisait porter un notable. Dans ses litiges, il disait à son adversaire : « Si c'est à toi, prends-le sans me remercier ; si c'est à moi, je te le laisse. » Il disait aussi qu'un ami fidèle et proche compense un parent ingrat et lointain. Il s'habillait pourtant avec soin, de vêtements de soie mélangée (khazz) et de manteaux teints, et laissa à sa mort cent mille dirhams acquis licitement. ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz dit : « Si le choix m'appartenait, je ne…