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Sulaymān ibn Yasār
أَبُو أَيُّوبَ سُلَيْمَانُ بْنُ يَسَارٍ الْهِلَالِيُّ مَوْلَاهُمُ الْمَدَنِيُّ
Savant
Sulaymān ibn Yasār est l'un des sept juristes de Médine. Fils d'un captif perse, affranchi de la mère des croyants Maymūna, il devint l'un des plus grands muftis de la ville : Saʿīd ibn al-Musayyib lui-même renvoyait vers lui ceux qui l'interrogeaient. Spécialiste reconnu des questions de divorce, il était aussi célèbre pour sa beauté, sa chasteté et ses jeûnes. أَبُو أَيُّوبَ سُلَيْمَانُ بْنُ يَسَارٍ الْهِلَالِيُّ مَوْلَاهُمُ الْمَدَنِيُّ En bref Nom complet : Abū Ayyūb (ou Abū ʿAbd ar-Raḥmān, ou Abū ʿAbd Allāh) Sulaymān ibn Yasār al-Hilālī al-Madanī, affranchi de Maymūna bint al-Ḥārith. Naissance : à Médine, en 34 H (654-655), sous le califat de ʿUthmān. Mort : à Médine, en 107 H (725-726), à soixante-treize ans, selon la majorité. Famille : frère de ʿAṭāʾ ibn Yasār, de ʿAbd al-Malik et de ʿAbd Allāh, tous transmetteurs de hadith. Rang : l'un des sept juristes de Médine ; « le savant de Médine et son mufti » selon adh-Dhahabī. Un affranchi devenu imam Son père, Yasār, était un Perse capturé lors des conquêtes, devenu client de Maymūna bint al-Ḥārith al-Hilāliyya, épouse du Prophète ﷺ. Selon plusieurs sources, Sulaymān lui-même avait conclu avec elle un contrat d'affranchissement contre paiement (mukātaba) ; d'autres disent que c'était avec Umm Salama. Ses frères ʿAṭāʾ, ʿAbd al-Malik et ʿAbd Allāh furent eux aussi des savants : ʿAṭāʾ ibn Yasār, prédicateur et juriste, est l'un des grands transmetteurs de Médine. Sa vie montre que la science, à Médine, ne dépendait ni de la naissance ni de l'origine : un fils de captif perse siégeait parmi les sept juristes aux côtés des petits-fils d'Abū Bakr, d'az-Zubayr et de Zayd ibn Thābit. Sa formation Il rapporte de Zayd ibn Thābit, d'Ibn ʿAbbās, d'Abū Hurayra, de Ḥassān ibn Thābit, de Jābir ibn ʿAbd Allāh, de Rāfiʿ ibn Khadīj, d'Ibn ʿUmar, d'Abū Saʿīd al-Khudrī, d'Abū Rāfiʿ, l'affranchi du Prophète ﷺ, et des mères des croyants ʿĀʾisha, Umm Salama et Maymūna. Il rapporte aussi de tābiʿūn comme ʿUrwa, Kurayb et ʿAmra. Adh-Dhahabī le décrit comme « l'un des réceptacles de la science ». Le mufti de Médine Saʿīd ibn al-Musayyib : selon ʿAbd Allāh ibn Yazīd al-Hudhalī, quand on venait le consulter, il disait : « Va voir Sulaymān ibn Yasār, c'est le plus savant de ceux qui restent aujourd'hui. » Al-Ḥasan, fils de Muḥammad ibn al-Ḥanafiyya : « Sulaymān ibn Yasār est pour nous plus perspicace que Saʿīd ibn al-Musayyib. » Mālik : « Sulaymān ibn Yasār était parmi les savants des gens après Saʿīd ibn al-Musayyib. Il était souvent du même avis que Saʿīd, et Saʿīd ne se permettait pas de lui manquer de respect. » Az-Zuhrī : « Il était parmi les savants. » Abū Zurʿa : « Sûr, éminent, dévot. » Yaḥyā ibn Maʿīn : « Digne de confiance. » Ibn Saʿd : « Digne de confiance, savant, de haut rang, juriste, abondant en hadiths. » Sulaymān, de son côté, disait de Saʿīd : « Il est le dernier qui reste des grands. » Le spécialiste du divorce Qatāda raconte : « Arrivé à Médine, j'ai demandé qui connaissait le mieux les questions de divorce. On m'a répondu : Sulaymān ibn Yasār. » Le divorce est l'un des chapitres où les tābiʿūn de Médine ont le plus marqué les quatre écoles. Mālik rapporte dans le Muwaṭṭaʾ, au livre du divorce, plusieurs avis de Sulaymān, souvent aux côtés de ceux de Saʿīd ibn al-Musayyib, d'al-Qāsim et d'autres Médinois. Les ouvrages de fiqh comparé des ḥanafites, des shāfiʿites et des ḥanbalites rapportent aussi ses positions parmi celles des Médinois. Au service de la cité Quand ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz était gouverneur de Médine sous le califat d'al-Walīd, il confia à Sulaymān l'inspection du marché de la ville. Cette charge, qui deviendra la ḥisba, consistait à surveiller les poids et mesures, les prix et l'honnêteté des transactions : une responsabilité naturelle pour un juriste réputé. Il se rendit aussi en Syrie : ʿAbd ar-Raḥmān ibn Yazīd ibn Jābir raconte qu'à son arrivée à Damas, son père l'invita et lui prépara un repas. Un hadith qu'il a transmis Sulaymān rapporte d'Abū Hurayra un hadith que Muslim a recueilli dans son Ṣaḥīḥ. Comme les gens se dispersaient, un homme de Syrie demanda à Abū Hurayra un hadith entendu du Prophète ﷺ. Il rapporta : إِنَّ أَوَّلَ النَّاسِ يُقْضَى يَوْمَ الْقِيَامَةِ عَلَيْهِ رَجُلٌ اسْتُشْهِدَ « Le premier homme sur lequel on jugera le Jour de la Résurrection est un homme mort en martyr. » Le hadith décrit ensuite un savant qui a appris et enseigné le Coran, et un homme riche qui a dépensé son argent : tous trois avaient agi pour qu'on dise d'eux qu'ils étaient braves, savants ou généreux, et ils sont jetés dans le Feu. Il est l'un des textes de base sur la sincérité de l'intention (ikhlāṣ). La chasteté de Sulaymān Sulaymān était, selon Muṣʿab ibn ʿUthmān, « le plus beau des hommes ». Une femme entra un jour chez lui et voulut le séduire. Il refusa. Elle le menaça : « Alors je te couvrirai de honte. » Il sortit et la laissa seule dans sa maison, fuyant comme le prophète Yūsuf. Il raconta ensuite avoir vu Yūsuf en rêve et lui avoir demandé :…