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Le crédit bancaire à intérêt est-il permis en islam ? Le ribā expliqué, avec l’avis des quatre écoles

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Qu’est-ce que le ribā, pourquoi l’intérêt bancaire y est assimilé, ce qu’en disent les quatre écoles (ḥanafite, mālikite, shāfiʿite, ḥanbalite) et les instances contemporaines, et quelles alternatives existent.

En bref

Le ribā (usure, intérêt) est interdit par le Coran, la Sunna et le consensus des savants. Les quatre écoles et les grandes instances de fiqh contemporaines considèrent que l’intérêt d’un prêt bancaire classique est du ribā. Des avis particuliers existent pour des situations de nécessité.

Les textes

« Allah a rendu licite le commerce et illicite le ribā. » (sourate al-Baqara, 2:275)
« Le Messager d’Allah ﷺ a maudit celui qui mange le ribā, celui qui le donne, celui qui l’écrit et ses deux témoins, et il a dit : ils sont égaux. » (Muslim, n° 1598)

Qu’est-ce que le ribā ?

  • Le ribā du prêt (ribā an-nasīʾa) : tout supplément exigé en échange du délai. « Je te prête 1 000, tu me rends 1 100. » C’est le ribā du Coran, interdit par consensus.
  • Le ribā de l’échange (ribā al-faḍl) : échanger des quantités inégales de certains biens de même espèce (or contre or, blé contre blé…).

L’avis des quatre écoles

Les quatre écoles interdisent les deux formes de ribā. Elles divergent sur la raison (ʿilla) qui fait qu’un bien y est soumis :

  • Ḥanafites et ḥanbalites : les biens qui se vendent au poids ou à la mesure.
  • Mālikites : pour l’or et l’argent, le fait d’être une monnaie ; pour les aliments, ceux qui sont des aliments de base qui se conservent.
  • Shāfiʿites : pour l’or et l’argent, le fait d’être une monnaie ; pour les aliments, le fait d’être un aliment.

Conséquence aujourd’hui : la monnaie papier et la monnaie électronique ont la fonction de monnaie. L’Académie internationale du fiqh islamique (OCI, 1986) a donc jugé qu’elles sont soumises aux règles du ribā, comme l’or et l’argent.

Et l’intérêt bancaire ?

  • L’Académie internationale du fiqh islamique (OCI, 1985) et la Ligue islamique mondiale ont déclaré que l’intérêt des prêts bancaires est du ribā interdit, quel que soit son taux.
  • Quelques auteurs contemporains ont soutenu que l’intérêt modéré ou l’intérêt de la banque n’est pas du ribā ; cet avis est resté très minoritaire et a été rejeté par les grandes instances.
  • La nécessité (ḍarūra) : tous les savants admettent qu’une vraie nécessité peut rendre permis ce qui est interdit, dans la mesure du besoin. Ils divergent sur ce qui compte comme nécessité (voir l’article sur l’achat d’une maison).

Quelles alternatives ?

  • Épargner avant d’acheter.
  • Le prêt sans intérêt entre proches (qarḍ ḥasan).
  • Les financements islamiques (murābaḥa, ijāra, mushāraka), à condition qu’ils soient réellement conformes et contrôlés par un comité de savants.
  • L’achat à paiement échelonné, sans intérêt ni pénalités.

Pour aller plus loin

Ces articles présentent les avis des écoles et des instances reconnues pour vous aider à comprendre. Pour une décision personnelle, consultez une personne de science qui connaît votre situation.

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