1. La chaleur est une grâce
لَكُمْ فِيهَا دِفْءٌ
Allah rappelle Sa grâce : « Et les bestiaux, Il les a créés pour vous : vous en tirez de quoi vous réchauffer et d’autres profits » (an-Naḥl, 16 : 5). Ibn Rajab cite ce verset au chapitre de l’hiver : avoir chaud est un bienfait dont on doit être reconnaissant (*Laṭāʾf al-maʿārif*).
« L’hiver est arrivé, et c’est un ennemi : préparez-vous contre lui avec de la laine, des khuffs et des chaussettes ; faites de la laine votre vêtement de dessous et de dessus, car le froid est un ennemi qui entre vite et sort lentement. » — Lettre de ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb à ses gouverneurs à l’arrivée de l’hiver (Ibn al-Mubārak, cité par Ibn Rajab)
Ibn Rajab y voit « la perfection de son bon conseil et de sa compassion envers ceux dont il avait la charge ». Prévoir le froid pour soi et pour les autres fait partie de cette sagesse.
2. Un seul corps
كَمَثَلِ الجَسَد
« Tu vois les croyants, dans leur miséricorde, leur affection et leur bienveillance mutuelles, comme un seul corps : quand un membre se plaint, tout le reste du corps partage son insomnie et sa fièvre. » — Le Prophète ﷺ, d’après an-Nuʿmān ibn Bashīr · al-Bukhārī (n° 6011) · Muslim (n° 2586)
Celui qui dort au chaud alors que son frère a froid ne ressent plus la fièvre de ce corps. L’hiver est le moment de la réveiller.
3. Vêtir celui qui a froid
كِسْوَةُ العَارِي
« Tout musulman qui habille un musulman qui n’a rien à se mettre, Allah l’habillera des vêtements verts du Paradis ; tout musulman qui nourrit un musulman qui a faim, Allah le nourrira des fruits du Paradis. » — Abū Saʿīd al-Khudrī · Abū Dāwūd (n° 1682) · at-Tirmidhī (n° 2449), qui le juge gharīb et indique que la version attribuée à Abū Saʿīd lui-même est plus authentique
اتَّقُوا النَّارَ وَلَوْ بِشِقِّ تَمْرَةٍ
« Protégez-vous du Feu, ne serait-ce qu’avec une moitié de datte ; et celui qui ne trouve rien, qu’il le fasse par une bonne parole. » — ʿAdī ibn Ḥātim · al-Bukhārī (n° 1417) · Muslim (n° 1016)
4. Le voisin d’abord
حَقُّ الجَار
« Jibrīl n’a cessé de me recommander le voisin, au point que j’ai cru qu’il allait le faire hériter » (al-Bukhārī n° 6015 ; Muslim n° 2624). En hiver : une personne âgée seule, une famille qui ne chauffe pas faute de moyens, un voisin malade… Ce sont eux, les premiers.
- Un manteau, une couverture que je ne porte plus → Je les donne, propres et en bon état
- Un voisin âgé ou malade → Je frappe à sa porte : courses, repas chaud, une visite
- Une famille qui n’arrive pas à se chauffer → Une aide discrète : participation à une facture, une association
- Je n’ai rien à donner → « Une bonne parole » : un mot, un appel, une invocation
À retenir
- Avoir chaud est une grâce : on la remercie en la partageant.
- Les croyants sont un seul corps : le froid de l’un concerne tous.
- Vêtir, nourrir, visiter : « ne serait-ce qu’avec une moitié de datte ».
- Commencez par votre voisin.
Sources
Le Coran ; Ṣaḥīḥ al-Bukhārī ; Ṣaḥīḥ Muslim ; Sunan Abī Dāwūd ; Jāmiʿ at-Tirmidhī ; Laṭāʾf al-maʿārif d’Ibn Rajab. Pour toute situation particulière, consultez une personne de science.
Toute la série
- « Fiqh de l’hiver », 12 épisodes → https://tahacademy.com/formations/fiqh-de-l-hiver


